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Portrait : Anne-Lise Desbonnet, le challenge de l’ouverture d’un EHPAD

Portrait : Anne-Lise Desbonnet, le challenge de l’ouverture d’un EHPAD

Pouvez-vous nous présenter votre structure, les services proposés et le poste que vous y occupez ?

La structure que je dirige se nomme « Résidence Paul Eluard ». C’est un EHPAD (Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes) faisant partie d’un groupe privé commercial. Son ouverture date du 7 avril 2014 : il s’agit d’une création. L’autorisation initiale nous a permis d’ouvrir 88 lits d’EHPAD dont 27 pour personnes atteintes de maladie d’Alzheimer ou démences apparentées et présentant des troubles du comportement.

Les autorisations d’activités se sont multipliées par la suite avec :

  • Création d’un PASA (Pôle d’Activités et de Soins Adaptés) qui accueille 14 personnes du lundi au vendredi. C’est une « sorte d’accueil de jour pour les résidents de l’EHPAD ». Les résidents atteints de troubles de la mémoire de léger à modéré avec quelques retentissements sur les gestes de la vie quotidienne passent entre 2 et 3 jours par semaine au PASA. Les activités à vertu thérapeutique ont comme objectif de minorer les troubles du comportement et de limiter les traitements à type de neuroleptiques, par exemple.
  • Création d’un accueil de jour. Le principe est un peu le même que le PASA mais il s’adresse à des personnes vivant à domicile atteintes de maladie d’Alzheimer ou de démences. Les objectifs sont également de minorer les troubles du comportement mais aussi de favoriser le maintien à domicile et de venir en appui aux aidants (les époux / épouses ou enfants)
  • Autorisation d’activités pour de l’hébergement temporaire de 6 lits. Cette autorisation permet d’accueillir des personnes âgées sur de courtes périodes en post-hospitalisation par exemple ou au cours de l’hospitalisation ou des vacances de l’aidant principal.

Quel est votre parours ?

Ce poste de directrice correspond à un réel projet émanant de mes études d’infirmière. En 1998 en 3ème année d’infirmière, j’ai assisté à de terribles actes de maltraitance subis par des personnes âgées au sein d’un EHPAD accolé à un hôpital public. Le personnel soignant n’avait absolument pas conscience des actes et de leurs conséquences : il répétait des consignes et une organisation interne qui voulaient par exemple que les toilettes soient finies à 10h.

Occupant un poste « faisant fonction de cadre » en hémodialyse, j’ai débuté ma Licence Professionnelle de Management des Organisations, option Gestion des Etablissements Sanitaires et Sociaux au CNAM (Conservatoire National des Arts et Métiers) à Paris de 2010 à 2012. J’ai postulé à un poste d’Infirmière Coordinatrice au sein d’un EHPAD de 45 résidents en 2011. Le directeur en place a créé ce poste. Le défi fut passionnant. Un an plus tard, mon directeur ayant accepté un poste sur un autre EHPAD, il m’a mise en avant et j’ai … accepté le poste de directrice de cet EHPAD en mai 2012 (ma licence se terminant en juin de la même année).

Puis, je me suis vu proposer le poste de directrice de la résidence Paul ELUARD en janvier 2014 !

Quels sont les plus grands challenges de votre mission ?

Le plus grand challenge de ces 18 derniers mois (outre s’accrocher à la formation DEMS d’Espace Sentein), fut l’ouverture de la résidence Paul ELUARD. Nommée comme directrice en janvier 2014, il a fallu mener tambour battant recrutement RH, commercialisation de la résidence, création du réseau gérontologique, acquisition des équipements nécessaires (hôtellerie, blanchissage, bureautique….), mise en place des contrats de maintenance… l’ouverture en avril 2014 fut un succès avec un TO (Taux d’occupation) à 100 %, soit 88 résidents atteint en 3 mois en juillet 2014. Mais le challenge n’était pas terminé : la recherche d’une qualité des soins en adéquation avec mes exigences et celles de l’équipe encadrante nous a extrêmement mobilisés. Notre objectif : garantir aux résidents une réelle qualité de vie selon les attentes de chacun tout en incluant les familles et entourage, mais également favoriser des conditions de travail optimum pour les soignants, cœur de notre métier. Cette qualité passe par la stabilisation des équipes (favoriser les départs, encourager des potentiels, conserver d’excellents éléments et poursuivre un recrutement en permanence) mais également par l’organisation des soins et des accompagnements.

Un projet en particulier à nous présenter ?

Le positionnement haut de gamme de la résidence est un enjeu de taille dans un secteur de plus en plus concurrentiel : un moyen de se démarquer. Ce projet met en avant les attentes des résidents vivant dans des EHPAD moins hospitaliers et plus hôteliers. Favoriser des lieux chaleureux et accueillants, déployer une politique manageriale hôtelière forte, concrétiser une restauration d’excellence, mettre en place un marketing olfactif… constituent des leviers afin de positionner la résidence sur ce vecteur porteur du marché et surtout, permet de répondre aux attentes des résidents et de leur entourage.

Pourquoi avoir choisi la formation DEMS ?

L’obligation d’obtenir mon niveau 1 dans les 3 ans qui suivent ma prise de fonction sur la résidence est une réalité incontournable.

Je connaissais déjà le système de formation professionnelle, ayant gouté aux 3 jours de formation par mois sur Paris durant ma Licence. En exercice professionnel, l’organisation de la formation d’Espace Sentein, avec ses 2 jours de regroupement mensuel, est l’un de ses atouts. La situation géographique en est un autre : des sessions à Montpellier et à Lille étaient compatibles avec mon lieu de résidence. Son contenu et ses différents intervenants composent des éléments clés de choix.

Comment les évolutions du secteur affectent-elles votre métier au quotidien ?

L’évolution du secteur nécessite de rester innovant dans les services proposés par nos établissements. Le positionnement hôtelier en est un. Mais d’autres doivent être travaillés : faire du repas un VRAI moment de plaisir et de lien social ; des soins esthétiques et relaxants ; l’accès aux outils informatiques…. S’enrichir, se tenir informés et développer de nouveaux services sont des incontournables actuellement. Tout en restant à l’écoute de tous et de chacun.

Portrait : Stéphane Fisse, de l’ingénierie à la direction d’un ESAT

Portrait : Stéphane Fisse, de l’ingénierie à la direction d’un ESAT

Ingénieur de formation, Stéphane Fisse est aujourd’hui directeur adjoint d’un ESAT. En cours de formation chez Espace Sentein dans le cursus DEMS, il doit prendre les fonctions de directeur de complexe d’ici un an et relever alors de nouveaux challenges.

POUVEZ-VOUS NOUS PRÉSENTER VOTRE STRUCTURE, LES SERVICES PROPOSÉS ET LE POSTE QUE VOUS Y OCCUPEZ ?

Je travaille dans une structure qui dépend des « Papillons Blancs » de la région de Reims, une association locale de 350 salariés pour 600 personnes accueillies.

Je travaille à l’ESAT qui accueille 185 usagers en équivalent temps plein (le plus grand de la Marne).

J’ai intégré l’ESAT depuis 2008 et j’occupe le poste de directeur adjoint depuis 2014 (il y a un directeur qui dirige le complexe).

L’établissement, qui est sur deux sites, existe depuis 1974, l’association depuis 1955. Nous avons 10 métiers différents qui vont des espaces verts à la blanchisserie en passant par le conditionnement, l’entretien de la vigne…

Quel est votre parcours ?

Je suis ingénieur de formation (ingénieur en mécanique). Avant de rentrer dans ce type de structure, j’ai travaillé dans l’industrie du béton pré-fabriqué, puis dans l’automobile. J’ai ensuite eu l’opportunité d’entrer aux Papillons Blancs en 2008 en tant que responsable d’atelier, en ayant comme perspective le poste de directeur adjoint (mon prédécesseur partant à la retraite).

Quels sont les plus grands challenges de votre mission ?

C’est une mission double qui est assez commune à tous les ESAT. Il s’agit à la fois d’une mission d’accompagnement et d’une mission commerciale avec toujours la complexité de trouver les marchés qui correspondent à la population qu’on accueille (en termes de capacité et de besoins) et d’avoir une rentabilité économique suffisante pour que l’établissement puisse fonctionner. A mon avis, c’est vraiment le challenge principal de l’établissement.

Un projet en particulier à nous présenter ?

Je devrais reprendre la direction du complexe l’an prochain, et il y a vraiment un gros projet à lancer car l’établissement datant de 1974, les bâtiments ne sont plus du tout adaptés, ni en localisation (nous sommes un tout petit village donc les usagers les plus jeunes ne sont pas autonomes, comme pour aller au cinéma et avoir une vie sociale), ni en terme d’infrastructures.

Ce sera un challenge avec comme contrainte principale, en plus de la contrainte budgétaire, le fait que le bâtiment ne nous appartienne pas. Il appartient au Conseil Départemental, et il faut donc travailler avec eux sur ce sujet-là, sachant que les moyens financiers sont limités. Il faudra que l’on soit assez innovant dans le montage du projet pour que ça se fasse à “coût de fonctionnement constant”.

Pourquoi avoir choisi la formation DEMS ?

Pour le ratio temps de formation (2 jours par mois) par rapport au diplôme que l’on obtient à la fin. Mon employeur voulait que j’ai un diplôme de niveau 1 dans le secteur, et en même temps je ne suis pas remplacé quand je suis en formation. Donc ce système de deux jours par mois me convient tout à fait. Le plus étant que ce cursus nous permet de bouger pendant la formation, ce qui est très enrichissant.

Comment les évolutions du secteur affectent-elles votre métier au quotidien ?

Le secteur s’organise en ce moment, et je trouve cela plutôt bien. Etant d’une formation et d’une éducation industrielle je retrouve un petit peu ce que j’ai pu connaître auparavant et donc, quelque part, je m’y retrouve. Ce n’est pas forcément le cas de tout le monde dans le secteur car nous sommes aujourd’hui sur un aspect beaucoup plus procédurier avec des comptes à rendre.

Désormais, il faut vraiment mettre des procédures en place et pouvoir prouver que ce que l’on fait, on le fait bien. C’est bénéfique à tout le monde : à l’établissement, aux usagers… et ça nous permet d’être un peu plus efficient. Au final, je pense que l’on va dans le bon sens.

Portrait : Guillaume Bas, au coeur du challenge associatif

Portrait : Guillaume Bas, au coeur du challenge associatif

Pouvez-vous nous présenter votre structure, les services proposés et le poste que vous y occupez ?

Je suis Directeur général de l’association du GPEAJH – APAJH de la Marne (Groupement Pour l’Épanouissement des Adultes et Jeunes Handicapés – Fédération nationale des Associations Pour Adultes et Jeunes Handicapés). Cette association gère quatre Établissements et Services Sociaux et Médico-Sociaux dans le champ de la déficience intellectuelle avec ou sans troubles associés : un Institut Médico-Éducatif (IME) de 84 places, un Établissement et Services d’Aide par le Travail (ESAT) de 58 places, un Service d’Éducation Spéciale et de Soins à Domicile (SESSAD) de 20 places, et un Service d’Accompagnement à la Vie Sociale (SAVS) de 25 places. L’offre de service de cette association couvre donc à la fois l’accueil institutionnel et l’accompagnement ambulatoire, mais aussi le secteur du handicap enfant et le secteur du handicap adulte. Les deux axes principaux d’accompagnement proposés dans ces établissements et services sont orientés vers la scolarisation et la formation professionnelle, avec en ligne de mire l’insertion en milieu dit « ordinaire » de travail, mais aussi l’insertion sociale, avec en ligne de mire la plus grande autonomie possible dans tous les actes de la vie quotidienne.

Quel est votre parcours ?

J’ai démarré ma carrière professionnelle en 2000, en tant que Professeur des Écoles spécialisé en IME, dans les Ardennes. En 2006, l’Éducation nationale m’a proposé d’enseigner en Unité Localisé d’Inclusion Scolaire (Ulis), dans un collège situé en Zone d’Éducation Prioritaire, où j’ai été confronté au challenge de l’inclusion scolaire alors même que ce concept émergeait tout juste de la Loi du 11 février 2005.

Étant fortement engagé sur la scène associative ardennaise depuis la fin des années 1990, La Ligue de l’Enseignement – Fédération des Ardennes, m’a proposé en septembre 2008 d’assurer la succession de son Directeur historique sur l’établissement même où j’avais démarré ma carrière en tant qu’enseignant. J’ai donc naturellement saisi cette occasion de concilier mes connaissances professionnelles dans le champ du handicap, et mes compétences en matière de développement et de gestion de projets associatifs. J’ai alors eu la chance de suivre une formation de Directeur Éducation nationale en parallèle de cette prise de fonction, à l’INS-HEA de Suresnes. J’y ai obtenu le Diplôme de Directeur d’Établissement d’Enseignement Adapté et Spécialisé (DDEEAS) en 2010.  La Ligue de l’Enseignement m’a alors confié le pilotage d’un projet de fusion administrative des deux IME qu’elle gérait sur le département, projet qui avait été pensé par mon prédécesseur. Cette expérience m’a permis de travailler à la mise en place d’une Direction générale médico-sociale en situation de pilotage multi-sites, jusqu’en août 2012, et à la préparation d’une certification ISO 9001 en matière de démarche qualité. C’est à ce moment-là que l’association du GPEAJH m’a contacté pour me proposer de contribuer à leur projet associatif, consistant également à créer et à structurer une Direction générale multi-sites, sur le bassin rémois. Cette proposition m’a séduit : le GPEAJH gérant un panel d’Établissements et Services Sociaux et médico-Sociaux extrêmement variés et complémentaires, j’ai trouvé-là une occasion de développer de nouvelles compétences dans le champ du handicap adulte que je ne connaissais pas encore.

Quels sont les plus grands challenges de votre mission ?

Conduire le changement… tout en assurant la continuité des valeurs associatives ! Dans le contexte actuel, et face aux enjeux de professionnalisation du secteur associatif, c’est un challenge permanent, que ce soit vis-à-vis des professionnels menant leurs missions au quotidien au sein des organisations, ou aux côtés des administrateurs de l’association qui attendent de ma fonction qu’elle les accompagne en matière de management stratégique de leurs projets.

Un projet en particulier à nous présenter ?

Le projet qui a servi de support à ma formation DEMS est un exemple intéressant, à mon avis. Il consiste à créer un Pôle d’activité rassemblant des fonctions supports et transversales au sein de l’association : Gestion des Ressources Humaines, Comptabilité et gestion financière, Communication interne et externe. En somme, les trois piliers de la fonction de Direction générale au sein de l’association. À ce jour, ces différentes fonctions étaient dispersées dans les différents établissements gérés par le GPEAJH. Cette création a donc pour objectif de mettre en synergie les quatre établissements gérés par l’association en matière de pilotage, de délégations, et de gestion, mais aussi de garantir la visibilité et la cohérence indispensable entre le projet associatif et les projets institutionnels.

Pourquoi avoir choisi la formation DEMS ?

L’inscription du diplôme au RNCP en tant que certification de niveau 1 était un critère important, ma formation initiale n’ayant pas cette caractéristique. Pour autant, ça n’a pas été le seul critère de choix, car beaucoup d’autres formations auraient pu y répondre. J’ai également pris en compte l’organisation de la formation en modules par alternance – qui me semblait compatible avec ma charge de travail -, et les contenus opérationnels particulièrement complémentaires de ceux que j’avais eu l’occasion de suivre dans ma formation initiale à Suresnes. La réputation d’exigence et de rigueur d’Espace Sentein, qui est aujourd’hui un fait reconnu dans mon milieu professionnel, a fait le reste.

Je dois dire que je n’ai pas été déçu, même si la charge de travail aura été conséquente sur les 18 derniers mois. Les contenus de formation m’ont été très utiles, et directement transposables à mon contexte professionnel. La découverte d’autres univers de l’action sociale et médico-sociale a également été un vrai plus, auquel je ne m’attendais pas forcément a priori.

Comment les évolutions du secteur affectent-elles votre métier au quotidien ?

De plusieurs manières.

L’arrivée des nouvelles régions à l’horizon 2016 est un bouleversement majeur dans notre secteur. Elle implique un redécoupage administratif important, et donc un changement majeur en matière de pilotage des Projets Régionaux de Santé. Comme nous n’en sommes qu’à la phase de la préfiguration, la période actuelle est surtout marquée par de grandes incertitudes, et un gel perceptible des processus de décision dans le dialogue de gestion avec les autorités de tarification. La Champagne-Ardenne est fortement impactée dans cette réforme : c’est une région marquée par un grand dynamisme médico-social historique, mais aussi par un morcellement important du nombre d’organismes gestionnaires, et un solde démographique négatif . De ce fait, les enjeux de visibilité et de transparence des projets associatifs sont plus que jamais cruciaux, de même que les projets de rapprochements ou de fusion entre organismes gestionnaires.

Les réformes en cours en matière de droit du travail, et plus particulièrement dans le domaine de la formation professionnelle ont également un fort impact dans notre secteur. Les associations à but non-lucratif font face à un enjeu de taille dans ce contexte. Il leur faut naturellement rester en conformité avec le Code du Travail, et donc jouer pleinement leur rôle d’employeur, mais aussi s’assurer qu’elles pourront mener à bien les missions pour lesquelles elles ont été autorisées à gérer des Établissements et Services Sociaux et Médico-Sociaux, dans le respect des droits de leurs usagers. Le cadre conventionnel historique est appelé à bouger, et on sent de grandes inquiétudes chez les professionnels à ce sujet, car c’est tout un ensemble de repères fortement ancrés dans le dialogue social qui est amené à évoluer. Pour les associations gestionnaires, un haut niveau de compétences en matière de management des organisations est plus que jamais crucial pour relever ces défis.

Portrait : Christine Beck, d’un simple projet à une association dynamique

Portrait : Christine Beck, d’un simple projet à une association dynamique

Fraîchement diplômée de la promotion 35 de la formation DEMS, Christine Beck a accepté de nous raconter son parcours et de nous présenter son association.

 

Pouvez-vous nous présenter votre structure, les services proposés et le poste que vous y occupez ?

J’ai créé une association  de services à la personne pour les personnes âgées et handicapées il y a maintenant 10 ans. L’association intervient aujourd’hui sur 154 communes dans le Nord de l’Alsace grâce à 70 salariés qui interviennent auprès du public fragile. Nous intervenons même dans des coins perdus : nous sommes tournés vers la proximité.

 

Quel est votre parcours ?

Au départ, je me suis occupée de mes beaux-parents. J’avais dans l’idée de créer une activité plus proche de mon domicile, et j’ai rapidement constaté un manque dans le secteur des services à domicile. Après une étude de marché, j’ai décidé de créer ma structure. J’étais juste partie pour créer mon emploi, je n’aurais jamais imaginé que l’association prenne autant d’ampleur.
Au départ je n’avais aucune formation : j’ai quitté l’école très tôt pour travailler avec mes parents. Je n’avais donc pas de diplôme et j’ai fait de petites formations en comptabilité, vente etc…

 

Pourquoi avoir choisi de participer à la formation DEMS ?

Comme je n’ai pas le BAC, je me suis inscrite à l’université pour pouvoir le passer. Mais je n’avais pas envie d’un parcours long, très scolaire. On m’a alors parlé d’Espace Sentein que j’ai contacté pour voir comment répondre à ma problématique.
Grâce à eux, j’ai suivi une validation des acquis professionnels puis j’ai pu passer tout de suite en licence….  Ensuite, j’ai poursuivi avec la formation DEMS.
Alors que je n’étais pas diplômée, j’ai obtenu ma licence et le DEMS.

 

Quels sont les plus grands challenges de votre mission ?

Il y a plusieurs challenges au quotidien :
  • La gestion du personnel et des relations avec les usagers
  • En externe, les relations avec les prescripteurs pour voir ce que l’on peut mettre en place
  • En interne, toute la gestion de l’association

 

Un projet en particulier à nous présenter ?

 
Je souhaite mettre en place des partenariats pour apporter un service complémentaire à domicile. Par exemple, un opticien à domicile, ou même la gestion de la sécurité à domicile. Dans un futur proche également, j’aimerais trouver un partenaire pour associer les services avec le soin.

 

Comment les évolutions du secteur affectent-elles votre métier au quotidien ?

Les soucis actuels sont liés à la baisse des aides. On favorise le maintien à domicile, mais les pouvoirs publics ne mettent pas en place tout ce qu’il faut. Donc en Alsace, nous avons créé un collectif afin de défendre nos associations et de pouvoir transmettre nos demandes aux pouvoirs publics.
Portrait : Ruddy Damour, éducateur en ESAT

Portrait : Ruddy Damour, éducateur en ESAT

Pouvez-vous vous présenter ? Quel est votre parcours ?

 
Je travaille en ESAT, sur l’île de la Réunion et je suis moniteur éducateur au sein du service éducatif. Je suis dans le secteur du médico-social depuis 2010, mais je baigne dans le secteur de l’insertion sociale dans le logement depuis 2006.
A la base, je suis animateur et éducateur sportif, et je travaille depuis toujours au plus près des personnes et le fil de mes rencontres m’a amené dans le médico-social.

Quel est votre objectif en suivant la formation « Référent bientraitance » ?

Je suis cette formation « Référent Bientraitance » afin d’être en mesure de proposer des pistes de travail, le tout dans l’optique de la démarche qualité qui remplace celle qui est déjà en place. Je serais un intervenant de plus pour apporter un autre éclairage et faire évoluer les prestations.
L’ESAT dans lequel je travaille est en fait une association regroupant deux établissements de 80 et 20 personnes. L’idée est donc d’apporter une vision globale sur l’accompagnement proposé et d’offrir une identité commune sur les deux établissements.

Comment les évolutions du secteur affectent-elles votre métier ?

 
Des points de questionnement sont apparus sur les pratiques et la posture des professionnels, notamment avec les différentes évaluations qui sont mises en place.
Mais je trouve que cela est nécessaire pour faire évoluer notre regard sur nos pratiques au quotidien. Nous devons de toute façon rester au plus près des attentes du législateur.

Avez-vous une ambition particulière dans votre travail ?

Mon « projet idéal » serait d’essayer de changer le regard porté sur le travailleur handicapé. J’aimerai arriver à montrer que ces personnes ont des compétences et de réelles capacités de production, contrairement à ce que l’on peut penser. Mais c’est un travail sur le long terme, je fais de mon mieux à mon niveau.
Portrait : Thierry Lamour, évaluateur externe certifié AFNOR

Portrait : Thierry Lamour, évaluateur externe certifié AFNOR

Dans le cadre de notre colloque annuel, nous vous proposons l’interview de Thierry Lamour, un évaluateur externe certifié AFNOR formé dans notre centre de formation depuis 2014. Nous lui avons demandé de raconter son expérience et sa vision du secteur de la formation médico-social.

Espace Sentein : Pouvez-vous vous présenter ? Quel est votre poste et de quelle ville venez-vous ?

Thierry Lamour : En plus d’être évaluateur externe certifié AFNOR, je forme et je conseille des établissements sociaux et médico-sociaux. Bien que je sois situé à Marseille, mon rayonnement est national. En effet, j’ai effectué plus d’une quinzaine d’évaluations sur l’ensemble de la France dans divers secteurs comme le handicap, les personnes âgées et le social.

 E.S : Comment connaissez-vous Espace Sentein ?

 T.L : Je suis diplômé d’un master en management des structures d’action sociale de Sup de Co. J’ai travaillé en tant que directeur dans plusieurs structures. Il y a 6 mois, j’ai débuté une activité de formation et d’évaluation. En choisissant l’Espace Sentein, j’acquière une certification, gage de sécurité et de réassurance pour mes clients.Je suis donc fraichement certifié et je vais continuer à me former

 E.S : Venez-vous régulièrement aux colloques ?

 T.L : C’est mon deuxième colloque Sentein, Je deviens fidèle !

 E.S : Que pensez-vous des évolutions du secteur ? Cela change-t-il la façon dont vous abordez votre métier ?

 T.L : L’évolution de notre secteur est fondamentale et salvatrice. La réforme sur la formation va professionnaliser l’apprentissage et la gestion de celle-ci. Ce sera une vraie opportunité pour les gens qui s’engagent durablement dans cette voie. Il y aura ainsi un vrai système écologique durable mais aussi une valeur ajoutée pour les clients et les usagers. Espace Sentein est d’ailleurs engagé dans cette dynamique. Je comprends cependant que c’est un choix, un positionnement professionnel et stratégique, qui peut prêter à débat…

 E.S : Que conseilleriez-vous à quelqu’un qui souhaite se reconvertir dans le secteur social et médico-social ?

 T.L : Il faut s’écouter soi-même, et pour l’avoir vécu, on peut se sentir découragé, se dire qu’on est trop vieux, et que l’on manque de compétences pour réaliser cette reconversion. Il faut être clair avec ce qu’on est, ce qu’on veut et où on veut aller. Il faut aussi écouter les autres, tout en prenant du recul, car les personnes vont projeter sur vous leurs peurs : il faut être fidèle à ses valeurs et au projet qu’on veut avoir, sans oublier que ça va être dur : ça ne se fait pas du jour au lendemain.

Garder en vue l’objectif, qui est d’aller vers un secteur centré sur l’humain, où l’on peut exercer de super métiers et en perpétuel changement, et ça c’est génial. Je travaillais dans la grande distribution avant et j’ai eu envie d’aller dans un secteur avec de vraies valeurs sociales, qui soit source de projet et surtout non délocalisable.

Maintenant j’ai trouvé ma voie, mais n’oubliez pas ça ne se fait pas du jour au lendemain.

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